Lino, Juin 2025

Lino

Voici donc le récit de la naissance de Lino, arrivé dimanche 15 juin à 5h du matin après un accouchement assez express. 

Grand merci pour ton accompagnement qui m'a aidée à préparer mon corps pour ce qui a été quand même une sacrée épreuve !

Après avoir commencé mon suivi de grossesse à la mutualiste j'ai été envoyée à partir du 4ème mois au CHU car j'ai un déficit en facteur V ce qui augmente les risques d'hémorragie à l'accouchement. Le protocole était contre indication à la péridurale (ce qui était ok pour moi car je souhaitais un accouchement physio), transfert de plasma frais congelé en début de travail puis perfusion d'exacyl, un anticoagulant pour ne pas saigner. 

Accouchement donc assez médicalisé que j'appréhendais... D'autant plus que j'avais un rdv le 16/06 jour du terme pour a priori un déclenchement ou une césarienne sous anesthésie générale car mon accouchement était dans la case grossesse pathologique à cause de ce risque hémorragique...

Samedi 14 juin à 20h45 après avoir eu quelques douleurs de règles et le ventre bien dur une bonne partie de la journée, je commence à sentir ma première vraie contraction. Nous avons passé une très bonne journée avec mon compagnon, à marcher, bien manger, regarder un film, chanter, danser, une journée pleine d'ocytocine ! Depuis quelques semaines, il est convaincu que son fils arrivera le 15 juin pour la fête des pères. 

Ça fait quelques jours que j'ai ajouté la visualisation de l'ouverture du col lors de ma routine quotidienne de yoga.

La première contraction que je sens est tout de suite douloureuse ou intense c'est selon. 5 minutes après une seconde puis les suivantes toutes espacées de 5 minutes. Nous sommes à 15/20 min de voiture de l'hôpital, nous rassemblons nos affaires, je prends une douche et on se met en route au bout d'une heure, ce qui était la consigne.

A notre arrivée, nous attendons un moment avant d'être pris en charge. Je reste accroupie dans le couloir pendant mes contractions.

1er examen, col haut et mou, on m'annonce que le travail n'a pas encore vraiment commencé. Moi qui pensais être déjà avancée... On me conseille de me reposer, je m'allonge sur le côté mais je sens bien que j'ai plutôt besoin de bouger. Je m'accroupis beaucoup. Je fais la respiration de la vague, je visualise le col qui s'ouvre. Mon compagnon me fait des points d'acupressions. Nous avons mis une lumière tamisée et quelques mantras en musique.

1h plus tard le second examen donne la même chose, le col est toujours fermé et on nous dit que l'on va probablement devoir rentrer chez nous. Je ne comprends pas, je trouve que les contractions sont intenses et cela me fait paniquer car je n'ai pas envie de rentrer chez moi dans cet état et que si ça c'est du "faux travail" je me demande comment j'arriverais à me laisser traverser par le vrai.

Il est 1h du matin, la sage-femme me laisse encore deux heures. Elle me conseille à nouveau de me reposer ou de marcher. Nous faisons le tour de l'hôpital, je dois m'arrêter à chaque contraction pour m'accroupir ou mettre une de mes jambes en hauteur en asymétrie quand je trouve un support. Nous remontons en chambre. A partir de là, je fais d'incessants aller-retours aux toilettes, je me vide. Quand je suis en salle, je suis souvent debout à me balancer sur le ballon que j'ai posé sur le lit. Je m'accroupis et à chaque contraction je vocalise avec des a.

Je retourne aux toilettes et là j'entends le ploc, la poche a percé. Il est 3h du matin, la sage-femme m'examine. Elle me dit : " vous n'avez pas fait tout ça pour rien, le col est ouvert à 5,6,7. 7 ! Vite on va en salle de naissance "

A partir de là, c'est branle-bas de combat car il faut que l'équipe anesthésiste m'installe les différentes perfusions pour le plasma et les anticoagulants. Je suis reliée des deux côtés en plus des électrodes sur la poitrine. Je me mets sur le côté, je continue de vocaliser et avec mon compagnon, nous chantons des a et nous faisons des om.

Ça pousse déjà rapidement, les anesthésistes s'agitent dans tous les sens mais la position que j'ai prise fait que je leur tourne le dos. Ça ne pousse plus. Les anesthésistes disent que ça les arrange. Les poches de plasma sont passées trop vite, je fais une réaction allergique et des plaques rouges recouvrent mes cuisses, mes bras et ma poitrine. Nous sommes superbement bien accompagnés par la sage-femme qui est en salle de naissance, elle me rassure beaucoup et m'encourage. Ça pousse encore rapidement. Elle me propose du gaz ou de la morphine, je refuse. Elle me propose aussi les étriers que je refuse, je reste sur le côté avec un pied en l'air sur l'étrier et l'autre qui prend appui sur la sage-femme. A un moment elle me dit qui faut que je me mette sur le dos, alors je demande que l'on me révèle le sacrum avec des draps.

Ça pousse de plus en plus et je dis que je n'y arrive pas ! Elle m'assure que j'y arrive et me donne une autre respiration pour la poussée, en bloquant. Je visualise aussi le bébé qui descend et je lui demande de sortir et de venir. Et puis dernières poussées, je crie comme si j'étais dans un grand huit, j'ai vraiment l'impression d'être dans un manège à sensations fortes ! Enfin, il est là, Lino est né, il est posé sur moi à 5h du matin.

Un beau bébé de 3,870 kilos pour 52 cm. J'ai eu une petite éraillure au périnée qui a nécessité 3 points. Le placenta sort tout de suite, je demande s'il est possible d'avoir l'empreinte et elles acceptent ! 5 jours après la sage-femme qui m'examine le périnée me dit qu'on ne dirait pas que j'ai accouché il y a peu.  

L'accouchement aura donc duré 8h15 entre la première contraction chez moi et l'arrivée de Lino. La poussée a duré environ 30 min et 10 minutes réellement.

Les outils qui m'ont aidée sont donc tous ceux fait en amont pour ouvrir le bassin et ses différents détroits et le jour j, la respiration de la vague, les om, les visualisations pour ouvrir le col et faire descendre le bébé.

Et bien sûr encore et toujours le mouvement !

Grand merci à nouveau pour tous ces précieux outils !

Aujourd'hui encore quand je dois me reposer en journée mais que j'ai du mal à m'endormir je m'allonge et je fais la respiration de la vague. J'entends ta voix qui dit "une onde de détente qui glisse de la tête aux pieds…" 

Aurélie